Madagascar : terre de feu ou la politique de la terre brulée, pratique ancestrale. Reportage de ARTE Télévison

Alors que l’actualité de cet été a été marquée par les incendies en France, les feux qui ravagent l’Afrique depuis plusieurs années passent largement inaperçus. Pourtant, des images de la Nasa montrent que le continent africain est la partie du globe la plus touchée par les feux. Parmi les points chauds : Madagascar, qui abrite 5% de la biodiversité mondiale. En 60 ans, la Grande île a perdu près de la moitié de sa forêt. Madagascar est entrée en 2020 dans le triste classement des 24 "points de déforestation" les plus inquiétants de la planète.
Considérée comme un trésor de biodiversité mondial, la Grande île abrite des dizaines de milliers d’espèces végétales et animales, dont 80% n’existent nulle part ailleurs dans le monde. Ce sanctuaire unique de biodiversité subit une pression anthropique depuis des décennies qui s’accélère avec l’explosion démographique : culture sur brûlis, feux de pâturage pour les zébus, charbon de bois sont nécessaires à la survie d’une population majoritairement rurale et pauvre. En plus de ce mode de vie traditionnel dévastateur, la forêt fait face à une nouvelle menace de grande ampleur : les feux de défrichage pour les exploitations agricoles illégales et le trafic de bois. Organisées par un réseau clandestin, ce commerce illicite très lucratif est facilité par des complicités politiques. Face à ce nouveau trafic, les militants environnementaux risquent la prison ou la mort pour dénonciation et les communautés forestières sont chassées de la forêt.

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