Généralités sur le NEPENTHES

Lors de votre randonnée à Akanin’ny Nofy (ou Palmarium), vous croiserez cette belle plante carnivore aux allures de « cruche » ou de « bourse » selon certains observateurs.

Sa couleur jaune vif la rend attirante pour les yeux. Elle est prolifique dans les zones humides, marécageuses composées de tourbières sablières à base d’eau douce. Source scientifique

Où se trouve le meilleur endroit pour observer le NEPENTHES à Madagascar ?

Dans Madagascar, elle est localisée à 3 endroits : Taolagnaro (Fort-Dauphin), la Presqu’ile de Masoala et tout au long du Canal des Pangalanes, qu’elle affectionne particulièrement.

Nom scientifique ou botanique du NEPENTHES : Nepenthesenthes madagascariensis, Nepenthesenthes ventrata ou ventricosa (ventru).

Parmi les Occidentaux, Etienne de Flacourt fut le premier à la décrire en 1658. La Communauté scientifique de l’époque s’étonne de la trouver si loin de son foyer principal, c’est-à-dire en Asie du Sud-Est. Ce botaniste était donc le premier à mentionner son implantation dans la Grande Ile.

Pour les érudits, il fut le premier à énoncer la « sarracénie endémique » Nepenthesenthes madagascariensis, simultanément avec la « Pervenche de Madagascar ». Source : Wikipedia. La plante a été l’objet de nombreuses observations et études jusqu’à ce jour.

Noms vernaculaires du NEPENTHES

Les « indigènes » connaissaient le NEPENTHES depuis longtemps. Elle s’intègre dans la pharmacopée usitée sur la Côte Est de Madagascar. On lui attribue ainsi les noms suivants : Amponga, Ampongandrano, Ampozandrano, Betakotra, Oramitako, Ponga, Ravinkapoaka, Takotra, Nepenthesenthes Masoalensis, Tsiveravera.

Les noms vernaculaires indiquent toujours la localisation de la plante ou ses vertus en matière de pharmacopée. En énonçant le nom indigène, on peut connaitre rapidement les maladies qu’elle pourrait soigner. Ce savoir-faire encyclique s’est perdu avec l’arrivée des botanistes occidentaux, qui se sont fait plaisir en nommant les plantes avec des noms latins.

Le NEPENTHES fait partie de la liste rouge des espèces à protéger selon l’International Union for Conservation of Nature

Quelles sont les 2 particularités fascinantes de cette méchante plante carnivore ?

Le NEPENTHES aurait des vertus médicinales selon des sources scientifiques.

Deuxièmement : pour faire simple. Voici l’extraordinaire ingéniosité du NEPENTHES. C’est une plante carnivore. Elle a élaboré une technique ingénieuse pour capturer ses victimes et les ingérer, digérer. Elle produit dans les parois de sa « coupe » en forme de cruche ou bourse, un produit chimique, gluant. Cette substance imite la composition des « phéromones » des femelles des insectes. Et le tour est joué. Une fois de plus, les mâles sont attirés par cette odeur, propice à la rencontre de leurs femelles pour copuler. Cette odeur est considérée comme « nauséabonde » pour le sens olfactif humain.

Ce piège est dit passif. Les victimes se font capturer sans que le piège soit actif autrement. Les observateurs botaniques d’ajouter que le piège est en forme de feuille relié par un tendril à une feuille, en forme d’urne. Elle est particulièrement attractive aux couleurs vives et à son nectar, appelé « péristome ». Les insectes victimes, ainsi capturés, sont accrochés et vont glisser lentement vers le fond de l’urne. Cette dernière est remplie de liquide digestif.

Pour se reproduire, le NEPENTHES produit une floraison sur la base d’une grappe ornée de nombreuses petites fleurs, rouges. Concernant les graines, la plante est dite dioïque : elle est soit femelle, soit mâle. Les fleurs mâles possèdent un bout jaune, qui n’existe pas chez le genre féminin.

Tout savoir sur le NEPENTHES lors d'une randonnée au bord du Canal des Pangalanes

La pharmacologie du NEPENTHES ou l’ethnopharmacologie

Pendant une certaine époque coloniale et afin de promouvoir les médicaments d’origine occidentale, les scientifiques et les médecins d’alors (y compris, ceux formés dans les écoles de médecines à Madagascar) dénigraient la pharmacopée indigène.

Voici une référence qui nous énonce les vertus médicinales du Kapilanomba. A savoir.

Voici les auteurs : Razafindraibe, M., A. R.Kuhlman, H. Rabarison, V. Rakotoarimanana, C.Rajeriarison, N. Rakotoarivelo, T.Randrianarivony, F. Rakotoarivony, R. Ludovic, A. Randrianasolo, R. W. Bussmann

Ouvrage publié en 2006, dans le Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine 2:22 (2006) : Medicinal plants used by women from Agnalazaha littoral forest (Southeastern Madagascar)

Les modes de traitement répertoriés selon leurs classifications :

H(015x) albumine, H(030) adhérence du placenta, H(051) paludisme, H(053) maladie de l'oreille, H(056) filariose, H(100) gonorrhée, H(100) syphilis, plante entière de Nepenthesenthes madagascariensis, RNS. (Plante médicinale utilisée par les femmes à proximité et autour de la forêt littorale d'Agnalazaha)

Le document est disponible en format pdf.

D’autres sources d’informations sont disponibles auprès la plateforme du FOFIFA et du Département Forets & Biodiversité.

Pour conclure cette rencontre découverte, nous vous proposons de prendre le temps d’observer la fascinante mise en œuvre du piège du NEPENTHES lors de votre randonnée lors de votre séjour à Akanin’ny Nofy.

 
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